UN FAUX PAS DANS LA VIE D’EMMA PICARD

vendredi 20 novembre à 19h (horaire modifié)

JOUQUES bibliothèque municipale du Grand Pré – 13 bis bd du Réal

Réservation 04 42 67 60 73 ou ici

lecture durée 50 minutes
de Mathieu Belezi
cie Fragments
adaptation et interprétation Micheline Welter
création musicale Laurent Kiefer

C’est la voix d’un seul personnage, Emma Picard, qui s’installe avec ses quatre fils, à la fin des années 1860, sur vingt hectares de terre algérienne. Ayant pour son malheur écouté les sirènes du gouvernement français qui tentait de peupler vaille que vaille cette Algérie récalcitrante en offrant aux apprentis colons des terres agricoles, Emma Picard traverse la Méditerranée et s’installe entre Sidi Bel Abbès et Mascara. L’espoir d’un nouveau départ, pour elle comme pour tant d’autres apprentis colons. Mais la République lui a menti, et le cri de cette héroïne désespérément vivante résonne longtemps en nous.

Extrait de Un siècle de passions algériennes – Une histoire de l’Algérie Coloniale 1830-1940 de Pierre Darmon
Les premières victimes de la colonisation sont les premiers colons français eux- mêmes. Attirés vers cette terre par toutes sortes de subterfuges, ils y tombent comme des mouches. (…) Quelques-uns pourtant à force de labeur, finissent par fonder une exploitation prometteuse mais fragile. La sècheresse, la grêle, les sauterelles et la maladie peuvent réduire à néant le travail de plusieurs années. Si, pour remonter la pente, le petit colon peut toujours emprunter, il est rarement en position de rembourser et sa terre finit tôt ou tard par tomber dans l’escarcelle de l’usurier. Ainsi se forment, tout au long du XIXe siècle, ces latifundia qui seront l’une des plaies de l’agriculture algérienne. Ainsi le colon colonisé, qui a défriché et mis en valeur le terroir au profit des grands capitalistes, s’en va-t-il, quand il a survécu, épuisé et malade, rejoindre dans les villes ses frères d’infortune. Ces laissés-pour-compte, authentiques « petits Blancs », finissent par former l’essentiel de ce prolétariat urbain et des classes laborieuses qui domineront en nombre la société algérienne jusqu’à l’indépendance.