Ô vous… Albert Cohen

vendredi 2 octobre 20h30 (complet)
nouvelle séance le même jour à 19h

AIX-EN-PROVENCE
Maison de quartier La Mareschale
– av. de Tübingen

réservation 04 42 59 19 71
ou ici

lecture accompagnée de chants séfarades – durée 50 minutes
textes d’Albert Cohen issus de Ô vous frères humains, Le livre de ma mère et Carnets 1978 par la cie Trafic d’arts II
lecture Henriette Pertus, Julien Gourdin
chant Saïda Bouachraoui musique Amine Soufari

« Pour moi, qui vis avec ma mort depuis mon enfance,
je sais que l’amour et sa sœur cadette la bonté sont les seules importances. Mais comment le faire comprendre à mes frères humains ? »

L’amour, voilà le maître mot chez Albert Cohen qui pourtant restera à jamais le petit juif de Marseille qui ne comprend pas la persécution. Il fallait des voix et de la musique pour faire écho à ce génie de la littérature et témoigner de sa parole, sa pensée, ses personnages… Musique et voix dialoguent, se heurtent, laissent résonner l’incroyable humour de Cohen et s’harmonisent enfin pour déclamer « Ô, amour du prochain ! ».

Albert Cohen (1895-1981) est un humaniste, un pacifiste sans illusions. Il ne peut guère qu’exhorter les hommes à ne pas se haïr, à défaut de s’aimer. Il a rencontré à dix ans l’incompréhensible haine du plus virulent antisémitisme, tel qu’il fleurissait dans la France encore déchirée en deux par l’affaire Dreyfus.
Il déteste la fascination que la force exerce sur les hommes, et son détestable cortège de guerres et de conflits.

Belle du seigneur, son œuvre centrale, sera universellement saluée, bien qu’elle semble terriblement anachronique, en 1968, année de son édition. Mais tout son univers est là : une femme prototype, et toutes les interrogations sur la relation homme femme, la séduction, le couple et les impasses, de la relation amoureuse. On y voit défiler la médiocrité de la bourgeoisie, le monde de l’entre deux guerres, la figure rêvée du héros moderne, un double magnifique d’Albert Cohen, et le rappel de ses origines grâce aux magnifiques, pittoresques séfarades de Céphalonie…

Il sera bien plus direct dans ses trois écrits en mode « je ». Il parle de sa mère juste disparue dans Le livre de ma mère. Il prendra une parole forte dans « Ô, vous, frères humains », qu’il parachèvera dans la publication de ses Carnets 1978. Son écriture est somptueuse, poétique, d’une force un peu oubliée de nos jours.
Tous les thèmes qu’il aborde ont certes évolué, mais restent d’une grande actualité. Lire son œuvre est une belle aventure littéraire, et aussi une manière de trouver un écho venu d’hier aux problèmes d’aujourd’hui.

Bibliographie littéraire :
Solal (1930)
Mangeclous (1938)
Le livre de ma mère (1954)
Belle du seigneur (1968)
Les valeureux (1969)
Ô vous, frères humains (1972)
Carnets 1978 (1979)